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Publié : 31 mai 2021

L’ADN, la méthode de stockage du futur

La question du stockage de données est un enjeu crucial pour l’avenir. Parmi les pistes évoquées par les scientifiques, il en est une qui est particulièrement prometteuse : le stockage ADN.

Notre monde ne cesse de se développer au gré des nouvelles technologies. Que ce soit par l’arrivée du premier téléphone portable jusqu’à la 5G, les avancées technologiques entre l’aube du deuxième millénaire et aujourd’hui ne cessent de s’accentuer. Mais ces nouvelles technologies créent beaucoup de données numériques qui à leur tour ont besoin d’espace pour pouvoir être stockées. Un problème est venu vite mettre des bâtons dans les roues à nos avancés technologiques et scientifiques. Ce problème, c’est le manque d’espaces de stockage numériques et ses conséquences d’un point de vue économique, énergétique et écologique. En 2018, la somme totale de données dans le monde représentait environ 33 zettaoctets. Pour vous donner une idée, 1 zettaoctet représente pas moins d’un milliard de disque durs à 1 téraoctet. Et d’ici 2025, les scientifiques estiment que le volume total de données passerait à 175 zettaoctets (175 milliards de disques durs à 1 téraoctet.). Le volume de données devrait très fortement augmenter, en partie à cause de l’Internet des objets. Et oui, que ce soit vos enceintes connectées ou encore votre aspirateur robot connecté, ces objets physiques consomment des données numériques. Et il faut bien un endroit où les stocker. Nos data center, littéralement « centres de stockage », sont au bord de la saturation. Les scientifiques du monde entier se penchent alors sur la question « Comment pouvons-nous stocker de plus en plus de données ? ». Nous pourrions considérer, dans un premier jet de pensée et d’imagination, que construire plus de data center permettrait de résoudre le problème. Mais les data center sont des gouffres énergétiques. Les volumineux ordinateurs de stockage, dont ils sont composés, chauffent de la même manière que nos ordinateurs particuliers. Mais ici, vous pouvez multiplier ça par mille. Et il faut beaucoup d’énergie pour refroidir ces ordinateurs, ou alors il faut les construire au pôle nord. Mais une construction de data center pourrait vite devenir un gouffre, aussi bien énergétique que financier. Les scientifiques cherchent donc des nouvelles solutions viables, aussi bien économiquement qu’écologiquement. C’est là que germe notre idée d’ADN. Ce dernier, pour faire simple, c’est la clé génétique contenant toute les informations nécessaires au développement de notre corps. Il est composé d’une sécession de molécule appelées nucléotides, composant un code génétique, propre à chaque humain. Les données numériques, quand à elles, disposent d’un code informatique, écrit en binaire, c’est-à-dire une succession de 0 et de 1. Les scientifiques ont donc tenté de trouver un lien entre code numérique et code génétique. Il suffirait de traduire les données numériques, élaborées en langage informatique, en ADN, écrit en langage génétique. En effet, l’ADN dispose de propriétés de stockage hors du commun. L’ADN est d’abord très stable, ce qui permet de garder des données intactes pendant longtemps mais il est surtout totalement indépendant, du point de vue énergétique. C’est-à-dire qu’il n’a pas besoin d’énergie pour être refroidi, contrairement à nos immenses data center. De plus, l’ADN a la faculté de pouvoir être condensé. Ce qui permet de stocker beaucoup de données dans un espace restreint. Pour les scientifiques, nous serons capable de stocker, grâce à l’ADN, l’entièreté des données numériques mondiales dans un espace comparable à une simple boîte de chaussure. Une simple boîte de chaussure, vous vous rendez compte ! Cela permettrait d’ouvrir de nouveaux horizons numériques, aujourd’hui limités par le stockage informatique actuel. Ils ne restent plus aux scientifiques qu’à trouver le moyen de traduire les données numériques en ADN. Mais ce n’est qu’une affaire de temps. Cette découverte serait une avancée majeure pour l’humanité. Elle permettrait de pouvoir étendre nos capacités de stockage, et peut être même plus tard, nos capacité de calcul de données. La science est un formidable outil pour nous, les humains, mais comme tout outil, ce n’est pas lui qui est foncièrement bon
ou mauvais, mais c’est ce qu’on en fait qui peut devenir dangereux. Comme disait l’oncle de Spiderman : « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. » !

Par Hugo Thomas, TC