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Publié : 7 mars 2015

Interview de Nicolas Mayer-Rossignol, Président de la Région Haute-Normandie

Jeanne Baudoin, élève de Terminale ES du lycée Prévert, a interviewé Nicolas Mayer-Rossignol, le Président de la région Haute-Normandie, lors de l’inauguration d’un nouveau bâtiment au lycée. Elle lui a posé des questions sur l’éducation et la jeunesse dans notre région.

Comment votre priorité pour l’éducation se traduit-elle concrètement ?
Cela se traduit en terme budgétaire par une part importante du budget de la région consacrée à l’éducation. Cela signifie concrètement donner de l’argent pour rénover les lycées, les entretenir et les améliorer. Une partie est également destinée à l’apprentissage notamment en faveur des lycées agricoles ou pour la formation professionnelle. Le secteur de l’éducation et de l’apprentissage représente environ 400 millions d’euros par an : c’est considérable.
Quelles sont les mesures mises en oeuvre pour lutter contre le décrochage et faciliter la réinsertion des jeunes ?
On travaille beaucoup avec les missions locales et tous les acteurs qui oeuvrent dans le domaine de l’insertion, du suivi. Nous avons des dispositifs tels que les emplois d’avenir qui ont été mis en place par le gouvernement, qui sont amplifiés au niveau régional afin de permettre à des jeunes qui seraient en situation d’exclusion ou de décrochage de retrouver un emploi et une formation. Ce dispositif est financé par la Région. On propose également des contrats dits d’accès à la qualification en faveur de ces jeunes. Il faut agir dans tous les domaines et ne pas négliger le poids de la mobilité sociale. Ainsi, la région finance par exemple la moitié du permis de conduire pour les jeunes qui sont en emploi d’avenir ( jusqu’à 1000 euros). Nous sommes l’une des régions leaders dans la mise en place de ces emplois d’avenir ; c’est une politique qui porte ses fruits. Ils permettent de trouver un emploi et de se former ; la région prend à sa charge 100/150 euros par mois du salaire du bénéficiaire ainsi que sa formation.Même si le chômage est toujours trop élévé, le chômage des jeunes de la région a baissé depuis un an de plus de 5 %. Ces chiffres sont meilleurs qu’au plan national. Notre priorité aujourd’hui c’est l’emploi, et l’éducation est un moyen de lutter contre le chômage.
Quels sont les projets en cours concernant l’éducation ?
On construit un grand centre de formation des apprentis sur les métiers du bâtiment à St Etienne du Rouvray, un programme de rénovation des lycées. L’enjeu des lycées, c’est de mieux maîtriser la consommation énergétique. Dans beaucoup de lycées, par exemple, on chauffe trop. C’est de l’impôt pour les contribuables, des charges supplémentaires pour les lycées et de l’argent en moins pour les projets pédagogiques. On installe des ruches sur les toits des lycées, c’est très important car c’est un projet à la fois pédagogique, environnemental et économique.
Que pouvez vous nous dire du plan numérique lancé par F. Hollande ?
On déploie les espaces numériques de travail. C’est difficile parce que ce sont des nouveaux outils, il faut avoir le débit adapté, mais c’est l’avenir. Une trentaine de lycées sont déja connectés à un espace numérique de travail
Diminuez-vous certains postes de dépenses comme c’est le cas pour la culture au niveau national ?
Le budget de la culture à l’échelle régionale a augmenté. C’est un choix personnel car la culture n’est pas une variable d’ajustement. On finance plus que l’année précédente la culture à travers des grands événements de rayonnement ou des actions de proximité.
Que pensez-vous de la réforme territoriale ?
Pour nous, ce n’est pas une révolution mais une évolution parce que la Haute et la Basse-Normandie travaillent ensemble depuis longtemps dans de nombreux secteurs comme le tourisme grâce au comité inter régional. On a des pôles de compétitivité en commun. L’essentiel, c’est de savoir qui fait quoi, quelles sont les compétences attribuées à chacun. Il faut simplifier tout en préservant la proximité. Je suis attaché aux services publics de proximité.

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